Skip to content
January 10, 2011 / Helene Bienvenu, travel-writer

Küstendorf (Mokra Gora, Western Serbia) – Emir Kusturica’s wonderland? – Le village utopique d’Emir Kusturica ?

L’article en Français suit // EN

I just got back from Küstendorf (also called Drvengrad, ‘the wooden village’), in the mountainous region of Mokra Gora (260 km away from Belgrade and 10 km from the Bosnian border, about 1 000 m high) which has been Emir Kusturica‘s village since 2005. Yes, it is. The colorful alterglobalist Serbian – Bosnian, world-famous filmmaker – and last but not least, controversial figure of the Balkans, has reintroduced, owns and runs this couple of traditional wooden houses on top of a hill, that he has used for the shooting of his film ‘Life is a miracle’ (released in 2004). Emir is the self-proclaimed mayor of Küstendorf (fair enough? Well, in fact he’s the only one to live there with his family and a couple of friends…), he’s also the head of Šargan-Mokra Gora natural park, just by the Bosnian border (and that seems to raise more issues…). However, Kusturica is quite liked by the village-dwellers around (Mećavnik being a real village), who think he’s achieved a lot building Küstendorf and extending the touristic facilities in the region (which now counts several hotels, restaurants, bars, a swimming pool, tennis courts and even a ski slopes 8 km away). Intrigued by the whole story of this utopian place (a subject I’m making research on, for my own documentary film) I went there for the annual Küstendorf film (and music) festival, taking place in this funny – authentic and fake at the same time – village. Which is indeed a heaven for young film-makers who can freely exchange (and or/dance and drink!) with more experienced directors and producers such as Abbas Kiarostami, special guest of the festival this year or Erik Poppe’s producer. Homemade Rakia (by the liter…), gipsy trumpets, Tanzanian peace and love, Polish young directors’ mafia and good Balkan vibes, could be the main mottos of the new edition of this festival set in the middle of nowhere. There’s (again!) a lot to tell about this place. I shall post soon 2 articles that I will be published on Café Babel.

Drinking ‘mulled rakia’ with Kusturica’s engineer, talking about everything and nothing in my ‘self-proclaimed’ fluent Serbian (!), by -8 Celsius degrees.

FR // Voici en français un extrait de l’article que j’ai écrit pour café Babel, magazine européen en ligne. Disponible intégralement ici.

A Küstendorf, Kusturica fait son cinéma

Passer une semaine sur une colline perdue de Serbie occidentale, à visionner film sur film et à se déhancher jusqu’au petit matin sur les tubes (et les tables) du No smoking orchestra en compagnie de grands et jeunes réalisateurs, c’est possible une fois par an, en janvier, à Küstendorf dans le village du célèbre réalisateur Emir Kusturica.

Perché en haut d’une colline surplombant la localité de Mećavnik (massif de Mokra Gora), ce hameau bien particulier n’est qu’à dix kilomètres de la frontière bosnienne. Belgrade est en revanche à 4 heures de route (260 km) et ceux qui n’ont pas la chance de se faire véhiculer en hélicoptère (!), ni en autocar pourront compter sur les rares bus directs depuis la capitale… Ou sur leur bon vieux pouce ! Un jeu qui en vaut la chandelle, surtout si l’on débute dans le milieu du cinéma…

Là-haut, sur la montagne, y’avait un beau chalet

Entre mars 2002 et avril 2003, Emir Kusturica, cinéaste de renommée mondiale, détenteur de deux palmes d’or cannoises pour Papa est en voyage d’affaire en 1985 et Underground en 1995 – tourne son nouvel opus La vie est un miracle à Mokra Gora. Une histoire d’amour sur fond de guerre bosno-yougoslave qui a pour cadre la pittoresque voie de chemin de fer « Šarga Osmica », remise en service il y a quelques années. Pour Kusturica, c’est le coup de foudre géographique : le cinéaste décide de recréer un village traditionnel en haut d’un modeste piton inhabité. Il rénove une cinquantaine de maisons en pin qu’il transporte jusqu’ici. Küstendorf – nom à consonance allemande choisi à dessein par Kusturica – devient le hameau de cocagne du réalisateur, qui l’ouvre au tourisme. Drvengrad (« la ville en bois ») compte ainsi un hôtel, une piscine–spa, des jeux pour enfants, plusieurs restaurants-bars, une bibliothèque, une église orthodoxe et bien évidemment, une salle de cinéma.

Philanthropie, mé(ga)lomanie, altermondialisme ?

En se promenant dans les allées de Küstendorf, une évidence s’impose : Emir Kusturica signe là une cité utopique à son image. Les traditions locales y sont accommodées à la sauce altermondialiste : un mélange qui prend plutôt bien. Les rues de ce mini-skansen font écho aux passions de son démiurge : le cinéma – rue Fellini – le football – Maradona – la culture serbe et yougoslave – place Ivo Andrić, prix Nobel de littérature 1961 – et bien sûr Che Guevara. Exit le Coca-cola (…).  Pour la suite et la fin cliquez ici.

Advertisements
%d bloggers like this: